Un centenaire à Novel - Teppes
Silhouette familière,
Edouard Chabrillanges, né le 22 Mai 1907, habite à Novel depuis sa retraite il y a 35 ans; Les honneurs à l'occasion de son centenaire, il les accepte sans les rechercher. Ne lui demandez pas les secrets de sa longévité : sa mémoire performante et son mental à toute épreuve lui interdisent de prétendre donner le moindre conseil ! Mieux vaut l'entendre évoquer sa longue vie : il y fait preuve d'une sagesse dont chacun pourrait s'inspirer. "Titi" parisien Des quartiers populaires de La Villette/Belleville, ses parents de condition très modeste l'ont élevé dans le climat d'éducation et d'entraide entre tous qui régnait dans ces milieux, les petits commerçants n'étant pas les derniers dans ces échanges conviviaux qui n'étaient pas de pure forme.
Première rentrée scolaire à 5 ans : "Pas avant, les mères d'alors se consacraient à leurs enfants". Ses maîtres d'école lui laissent encore un souvenir vif et ému.
A 13 ans, le Certif (Certificat d'études primaires), le plus modeste des diplômes à l'époque, mais qu'il fallait mériter. Et aussitôt un travail, "pour aider les finances familiales". Il entre "petit chercheur" dans une compagnie d'assurance dont il va gravir peu à peu tous les échelons, expression à côté de laquelle notre "ascenseur social" peut paraître bien passif.
Il s'avoue alors gros fumeur. Mais, constatant les dégâts sur sa santé, décide d'arrêter net, ce qu'il réussit sans le moindre soutien psychologique ou autre patch à la nicotine !
C'était un vrai sportif. Foot en sa jeunesse, longues marches dans le vaste Paris pour aller au travail quatre fois par jour. 100 kilomètres à vélo tous les samedis, même en hiver, en compagnie d'anciens coureurs ! Les dimanches consacrés à son épouse, c'est bien normal, mais quelquefois à tandem, ce qui est encore mieux ! Et quand elle sombre dans la maladie d'Alzheimer, il trouve tout naturellement le dévouement et la patience pour l'accompagner jusqu'au terme.
Sa vue baisse, ses jambes le trahissent ? Il vend son auto en 24 heures et prendra désormais le bus. Le quartier est si bien desservi !
Deux guerres, l'une (1914-1918) où il se souvient de sa mère en pleurs, l'autre (1939-1945) qui lui vaut 5 ans de captivité en Allemagne.
Une jeunesse sans télé, ni même radio, qui n'existaient pas. Alors, si aujourd'hui il ne peut plus regarder la TV, eh bien il s'en passe, tout simplement. La lecture lui manque, reste la radio qu'il écoute fidèlement.
Quant à la jeunesse d'aujourd'hui, elle n'a pas toutes les vertus, non. "Elle ne vaut rien, mais c'était déjà comme ça de son temps !" Il est d'ailleurs normal qu'elle soit différente : lui-même, sur le trottoir parisien, ne fut pas élevé "comme un enfant du temps de Napoléon ou de Louis XIV" !
Humour, optimisme : M. Chabrillanges est à l'aise dans son quartier et n'a que des amis. On essaie de l'imiter ?
Deux voisins de palier
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Le comité de quartier souhaite à Monsieur Chabrillanges un très bon anniversaire et aussi des bons moments de partage au milieu des siens.